3 février 2022 in 3- TRUITES, Mouche, Mouche (Ariège, 09), Technique, Tous les récits...

Vicdessos – en sèche – avec Jean-Luc Capela

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Pêche en sèche, en guidage avec Jean-Luc Capela

9 août 2021,

Vicdessos / Ariège (France)

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(English, Spanish, etc…)

Voici une petite interview, à froid, de Jean-Luc :

Salut Jean-Luc,
Vous pêchez à la mouche depuis plus de 40 ans. Vous attrapez régulièrement de jolies truites, notamment sur le Salat dans le Couserans. Pourquoi donc êtes-vous venu sur le Vicdessos ?
Parce qu’il n’y a pas que la taille qui compte ! Il est vrai que la taille des captures sur le Vic est beaucoup plus modeste mais certains coups de ligne techniques me procurent une réelle satisfaction ! Il y a également le cadre et la beauté du site et des poissons qui entrent aussi en compte et puis également un petit challenge personnel: à mon arrivée dans la région toulousaine, le Vicdessos est une des premières rivières que j’ai pratiquée, mais sans beaucoup de réussite je l’ai assez vite délaissée ! Pouvoir pratiquer à nouveau ce cours d’eau grâce à ta bienveillante assistance m’a conforté dans le fait que l’on peut progresser dans sa pêche avec quelques conseils adaptés et beaucoup de travail (et Dieu sait s’il m’en reste)… Mais réussir quelques belles sorties sur cette jolie rivière après mes premiers échecs est un immense plaisir !

Quelle différence pour vous entre une rivière comme le Salat (Bas-Salat) et un gabarit tel que le Vicdessos, l’Arac, le Garbet, etc… ? Je veux dire… sur le plan technique, quelles exigences particulières les secondes nécessitent-elles ?
Les petits cours d’eau nécessitent une approche particulière: discrétion dans l’approche des postes et précision dans ces rivières généralement encombrées par la végétation et aux eaux rapides, mais également mise en œuvre de toute la palette des lancers mouche (décalés, courbes, mending…). Puis ces petites rivières permettent de valider plus rapidement qu’en grands cours d’eau la justesse de sa pêche, les poissons étant beaucoup plus nombreux et plus réactifs.

Pourquoi nous n’avons pas pu tout pêcher ?
À mon ressenti, les secteurs que je n’ai pas pêché sont essentiellement liés à des problèmes techniques, par exemple maintien de la mouche suffisamment longtemps sur les postes restreints des parties rapides ou bien de vision de la mouche sur des courants importants ou sur des postes où le contraste ombre/ lumière m’a considérablement gêné.

Selon mon souvenir, on a eu de la chance que les poissons soient positionnés en partie sur des postes relativement accessibles. Vous en faites 7 ou 8 me semble-t-il. Vous rappelez-vous combien vous en avez pris sur gobages ?
Effectivement, c’était une journée idéale pour un perfectionnement ! Les poissons étaient gobeurs , je crois bien que la quasi totalité des poissons pris l’ont été sur gobages ! J’ai particulièrement souvenir du premier poisson qui gobait le long d’une pierre semi immergée et qui nous a permis de bien commencer à travailler le poser courbe !

Est-ce que vous auriez pêché une telle rivière en pleine journée sous un soleil bien installé du mois d’août ?
C’est vrai que les conditions ne me paraissaient pas particulièrement favorables, et pourtant….

Pourquoi ?
Parce que grand soleil et eaux cristallines ne sont pas des conditions généralement considérées comme exceptionnelles pour la pêche ! Mais comme dit un certain Stéphane L… : pour savoir si la journée sera bonne, il faut y aller !!!

A l’issue de cette journée, qu’est-ce qu’il vous restait à travailler pour pouvoir prendre encore plus de plaisir à la pêche ?
La technique de lancer pour étaler et maîtriser un long bas de ligne, mais simplement pour plus d’efficacité ! Le plaisir à la pêche n’est pas nécessairement lié à la réussite ! D’ailleurs, si c’était tous les jours la fête, on s’en serait déjà lassé…

Merci pour vos réponses M’sieur Capela, à la bonne prochaine 🙂

Vidéo...

Voilà encore une belle journée en chouette compagnie.

Voici plusieurs années désormais que j’ai le grand plaisir de guider Jean-Luc. Ce dernier pêche à la mouche depuis 42 années. Il n’hésite pas à aller voir différents guides en fonction de ses pérégrinations halieutiques, et comme beaucoup de pêcheurs à la mouche il a cette culture du “guidage” (chose qui s’est désormais largement développé également dans la pêche des carnassiers aux leurres), à la fois pour gagner du temps, à la fois pour se remettre constamment en question et coller aux plus proches des évolutions tant techniques que matérielles.

Jean-Luc est d’abord venu vers moi pour apprendre à pêcher en nymphe, puis à plusieurs reprises pour progresser dans cette approche. Mais fort heureusement il a conservé une véritable fibre pour la pêche en sèche et il aime à aller leurrer les jolis poissons du Salat dans le Couserans à la bonne saison. Cependant, comme pour beaucoup d’autres pêcheurs, lorsqu’il s’agit d’aller se confronter à des conditions a priori plus hostiles pour dames fario (comme une journée plein soleil d’un mois d’août), le doute prend place. Et pourtant, Jean-Luc n’a pas dit son dernier mot… Quelque chose l’a intrigué me semble-t-il, comme peut-être la sensation de passer à côté de quelque chose… quelque chose à creuser, pour retrouver du plaisir là où il semblait s’être évaporé dans certaines situations!

J’ai l’impression que de nombreux pêcheurs, nostalgiques d’une époque qui fut plus glorieuse pour la pêche en surface, ont peu à peu quitté les bords de rivières, désenchantés qu’ils sont. Pour beaucoup d’entre eux, une lassitude semble s’être installée, à tel point que la pêche en sèche, en dehors de périodes bien précises au cours de la saison ou de la journée, qui donnent encore quelques espoirs à certains, parfois plus fantasmés que vécus, semble presque appartenir à un passé révolu qui les écartes progressivement du bord de l’eau.

Bien sûr, la pêche en sèche n’est plus ce qu’elle a été! Mais, pour autant, elle n’a pas disparue. Certes, si on attend les gobages en dehors de périodes choisies, même sur une rivière géniale comme le Vicdessos, on peut parfois attendre longtemps, voire très longtemps. Si ça ne gobe plus comme avant, un avant que je ne saurai daté, les truites conservent pleinement cet instinct de prédation vers la surface, si bien que très souvent, sur le Vic (mais bien d’autres rivières également), il suffit de leur présenter un truc à manger pour qu’elles montent. Et la difficulté réside bien plus dans la manière de présenter que dans la menu en tant que tel.

Bien entendu, il est des jours où vous pourrez proposer tout ce que vous voudrez, planquées sous les cailloux elles n’auront que faire de votre imitation qui dérive à la surface. Mais il est également plein de journées où elles sont prêtes à faire l’effort. Sauf qu’elles sont souvent placées là où assez peu de pêcheurs iront les chercher.

De nombreux pêcheurs ont appris à lancer avec un bas de ligne court, lorsque ce n’est pas “très court”, qui rend peu efficace, me semble-t-il, la pêche dans une rivière telle que le “Vic”. La base de la base, pour prendre ces poissons là, c’est d’apprendre à pêcher avec un bas de ligne long. Ou en sèche-nymphe, mais ça c’est une autre histoire puisqu’il s’agit ici de pêche en sèche pure.

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