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Le Vicdessos en début de saison…

Le Vicdessos en début de saison…

Retour sur un stage « nymphe au fil » avec Bruno
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Le début de saison nécessite toujours beaucoup de justesse dans la pêche! Encore plus qu’aux beaux jours. Mais c’est justement pour cette raison qu’un stage d’initiation, et qui plus est de perfectionnement, est particulièrement pertinent sur mars ou avril!

Bruno est un vrai pêcheur! Il a une longue expérience de la pêche en général et de la truite en particulier. Il n’est pas du tout un novice.

Sur la pêche en nymphe au fil, son bagage personnel lui a permis de très vite comprendre la musique!

On avait fait cette sortie en début de saison (un 7 avril). J’invite toujours les pêcheurs qui veulent progresser à venir dès le début de saison, aussi bien en nymphe qu’en sèche! Car cela leur permet de mettre véritablement en pratique ce qu’on voit ensemble tout au long de l’année, sans se retrouver piégés par un manque de temps.

 
 
 

Question : Salut Bruno. On va voir si t’es aussi bavard que dans la vraie vie… 🙂
Réponse :  Méfie toi Stéphane… je suis dans ma vie un scientifique, mais j’adore écrire et argumenter sur tous les sujets qui me tiennent à cœur, et là comme on entre dans le domaine du passionnel , tout échange constructif peut prendre une éternité…

Question : Tu es un pêcheur de longue date, au Toc notamment, à la mouche aussi, aux carnassiers et à d’autres trucs encore je crois… T’es un pêcheur quoi! Ça faisait combien de temps que tu t’étais mis à la nymphe (combien de sorties perso grosso modo) et t’en étais où globalement dans ta pratique de cette technique en particulier ?
Réponse : Alors oui, je pense qu’on peut dire que  je suis un pêcheur passionné et de très longue date, j’avais un père pêcheur et j’ai pris avec lui du poisson depuis ma plus tendre enfance : des vairons dans le Volvestre, des grenouilles partout où c’était possible, des brochets en Bretagne où on avait de la famille, et surtout des blancs, des barbeaux et des anguilles dans le gave de Pau dans le Béarn qui était encore d’une grande richesse il y a 50 ans. Mais comme mon père pêchait aussi occasionnellement à la mouche sèche, il m’a initié à ça quand j’ai eu autour de 13-14 ans, bon… quand je prends du recul aujourd’hui, il est clair qu’on était clairement tous les deux très mauvais avec une pauvre technique, mais on prenait quelques poissons, et le truc qui m’a totalement transformé est la différence entre rester au bord de l’eau à attendre en appâtant tout ce qui peut passer… ou prospecter dans de l’eau claire pour profiter des odeurs et du cadre, et traquer des poissons qui sont de véritables œuvres d’art… Ensuite, j’ai eu la chance de rencontrer au début de mes 20 ans, et dans des circonstances plutôt cynégétiques, 2 gars qui étaient des pêcheurs de toc réellement exceptionnels, l’un d’eux a régulièrement pris des places de podium devant Alphonse Arias ou Jean Lamoure lors des championnats des Pyrénées de pêche au toc dans les années 70-80…  Ceci étant, ils m’ont pris sous leur aile et m’ont transmis les enseignements de Léon Foch (si une édition le produit encore : « Dame Truite » est un monument absolu…) car ils l’avaient eux même côtoyé, dans le Comminges, le Couserans, et au Pays Basque. J’ai passé des journées à observer et poser des questions tout en mettant en pratique, et en quelques années, j’ai réussi à talonner mes maîtres et prendre des milliers de truites que j’ai pu comptabiliser comme un couillon sur des calendriers… une autre époque… En parallèle, j’ai aussi beaucoup pratiqué la pêche du carnassier, en particulier au mort manié, technique phare des années Drachkovitch, j’ai adapté ça aussi à la truite pour les lacs de montagnes et les grandes rivières, et j’ai fini par me caler sur les montures Plasseraud à plombée interne, qui permettent de pêcher light dans 20cm d’eau ou dans des grands bouillons avec une chevrotine en tête. Et puis par le concours des rencontres, alors que j’avais moins de temps à consacrer à la pêche, j’ai fait la connaissance d’un moucheur affûté il y a un peu plus de 20 ans, qui m’a remis sur ce créneau et qui m’a vraiment motivé sur le flytying… internet et ses tutos aidant j’ai bien plongé dans ce domaine… Depuis pas mal d’années j’ai été assez calé, sur le principe d’un début de saison truite au vairon, et puis au plus tôt mouche sèche… mais j’ai forcément compris qu’il fallait aller plus sur la nymphe, pour compenser le max de temps où les truites ne montent pas. J’ai pu constater la grande efficacité de la sèche-nymphe un peu partout et en particulier sur des parcours assez lents. J’ai fait des expériences de nymphe au fil plus ou moins heureuses à essayer d’extrapoler mes acquis du toc, et puis j’ai parlé de ça avec toi Stéphane, et j’ai décidé de prendre une journée 100% technique nymphe…

Question : Sur ce stage, selon mon souvenir, tu prends 8 poissons sur le Vicdessos il me semble, c’est bien ça ?
Réponse : Sincèrement je ne me souviens pas. J’ai le souvenir qu’on a passé beaucoup de temps le matin sur tous les aspects techniques, je me souviens n’avoir touchés que très peu de poissons le matin, et quelques uns l’après-midi, dont certains qui font vraiment plaisir, mais le nombre m’est totalement sorti de la tête.

Question : En mode stage, plus ou moins 8 poissons, en début de saison comme ça, c’est vraiment bien sur le Vic. On n’est pas là pour faire un score. Si on retire tout le temps d’explication sur le matos, sur la ligne, sur les différentes gestuelles, les nymphes, la stratégie, le positionnement des poissons, etc…), le temps effectif des dérives véritablement efficaces est relativement réduit. Perso, je pense qu’un pêcheur expérimenté en nymphe, par le simple fait d’un temps effectif de pêche 3 fois plus long, à activité égale du jour, peut monter sans souci à 16 ou 24 poissons. Compte tenu de ce que tu sais de la technicité que demande une rivière comme le Vic, tu estimes à combien de poissons pris pour un pêcheur plus ou moins débutant qui irait à la pêche en nymphe ce même jour dans les mêmes conditions?
Réponse : Je pense vraiment très peu… Le jour de ce guidage, il faisait un temps magnifique, il y a eu un niveau d’eau stable et parfait, mais en ce qui concerne l’activité des poissons ça a été très calme toute la journée, donc : conditions de pêche difficiles. Tu le sais Stéphane, pour te tenir régulièrement informé du bilan de mes sorties, je suis revenu assez souvent sur le Vic ces dernières années et souvent sur les mêmes parcours. J’ai quasiment toujours constaté un irrégularité énorme dans la journée surtout en début de saison : le matin de bonne heure : le désert, une activité des poissons au maximum entre 11h et 13h et une redescente progressive dans l’après-midi. Pour ce qui est du coup du soir en nymphe ou sèche je n’ai rien à dire car je n’ai pas pratiqué. Pour mettre des chiffres sur ces constations, et bien sûr en relation avec mon niveau de technique, sur la base d’une vingtaine de poissons dans la journée : la répartition se ferait de 3 à 4 truites entre 8 et 11h, et puis 10 à 12 truites entre 11h et 13h et après la pause repas 4-5 poissons l’après-midi… ça fait une belle journée de pêche quand même, mais par mon expérience sur le Vic, la base est d’y croire dès le matin pour ne pas partir sur d’autres parcours quand ça démarre très frileusement, et surtout d’être affûté, concentré et efficace quand c’est vraiment THE moment…

Question : Je me rappelle que tes dérives classiques de pêche au toc étaient particulièrement propres. Avec toi on était donc vraiment dans une idée de perfectionnement, en mode « nymphe au fil » ce jour-là. Qu’est-ce que le stage t’a apporté de plus par rapport à ce que tu faisais déjà (si toutefois il t’a apporté quelque chose)?
Réponse : Ce stage m’a clairement apporté les « tricks » d’un authentique nympheur, qu’un autodidacte issu du toc ne peut pas appréhender seul : Le placement parfois carrément en aval d’un poste, la prospection rapide au fil plaqué, et surtout la recherche et la compréhension du bon poids des nymphes. Tout ça ne peut pas à mon avis s’apprendre tout seul car la technique est vraiment affûtée, et moyennant l’absorption d’une foule d’informations en peu de temps, l’encadrement par un instructeur chevronné apportera toujours un coup de boost phénoménal pour comprendre et savoir comment appliquer les subtilités.

Question : Pourquoi t’es venu me voir alors que je porte super mal mon nom?
Réponse : On a eu l’occasion de faire une journée de guidage avec toi et mon pote JP au carnassier sur Montbel, pendant laquelle on a beaucoup échangé et où le courant est très bien passé. Je voulais vraiment prendre une journée d’instruction essentiellement axée sur la nymphe, alors… dans la mesure où c’est une de tes spécialités, et qu’on pouvait envisager ça sur le Vicdessos qui est une des rivières les plus proches de chez moi, le résultat s’est imposé de lui-même.

Question : T’as un truc à rajouter? Tu dois pas faire plus de 20 pages 🙂
Réponse : J’ai eu l’occasion de prendre quelques guidages ces dernières années, la majorité pour la truite à la mouche et deux au carnassier avec… Stéphane… tiens donc !!! La plupart des guidages truite que j’ai pris m’ont surtout servi à découvrir rapidement des parcours inconnus lors de vacances éloignées, ou découvrir de nouveaux spots dans des secteurs où je vais assez souvent. J’ai toujours eu affaire à des guides sympas et passionnés, très bon conseil et qui connaissent très bien leur secteur, je n’ai jamais été déçu. Le stage nymphe que j’ai fait avec Stéphane est clairement sorti du lot, car il était convenu qu’on travaille la technique au maximum, et on l’a fait à fond… Il faut dire que dans ce contexte Stéphane est vraiment un instructeur de qualité, hyper observateur et pédagogue qui maîtrise parfaitement ses techniques qu’il entretient dans un environnement compétition. J’ai plus progressé avec lui en une journée, qu’en quelques années d’apprentissage seul en essayant d’appliquer ce que j’avais pu comprendre en visionnant des vidéos.

Si j’ai un conseil de « patriarche » à donner : on ne parle pas ici de pêche à la carpe au petit tendu… on parle d’une des plus fines pêches de la truite, qui moyennant un minimum de bases techniques peut apporter des satisfaction incomparables. Cependant, que ce soit pour un débutant qui pourra partir sur des bases solides, ou pour un perfectionnement qui permettra d’aller encore plus loin dans les subtilités, prendre un guidage avec un guide comme Stéphane fera gagner un temps énorme pour aller de l’avant et arriver à se faire encore plus plaisir…

Voilà pour mes réponses Stéphane, j’espère que je n’ai pas fait trop court …J  

Et n’oublie pas que je te réserve un essai de ma dernière canne 11 pieds…

A très bientôt au bord de l’eau,

Bruno

 

 

Merci chef pour tes réponses, et à bientôt au bord de l’eau ou sur un bateau.

 

Toutes les vidéos sur le Vicdessos : « CLIQUEZ ICI »

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