Stage mouche avec Laurent.

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Initiation de pêche à la mouche (nymphe au fil) avec Laurent…


Département de l’Ariège, samedi 19 mars 2016.

Sur une rivière de 1ère catégorie piscicole, l’Hers-Vif en Ariège.


Ce samedi 19 mars, je recevais Laurent que j’avais déjà guidé en Irlande avec sa compagne Marie-Line en juillet 2012. Nous avions pêché le brochet sur un petit lac du comté de Mayo (le récit de cette journée).

Laurent pêche essentiellement la truite au toc et cette fois j’avais pour mission de lui faire découvrir les joies de la pêche à la mouche. Nous nous sommes rendus sur une rivière de l’Ariège. Il s’agit d’une jolie petite rivière que j’aime beaucoup. Elle est parfaite pour s’initier à la pêche à la mouche, en nymphe comme en sèche. Elle offre une bonne densité de truites farios.

Souvent, je commence avec des exercices de lancer sur l’herbe avant de rentrer dans le vif du sujet. Mais nous sommes samedi, la pêche n’est ouverte que depuis une semaine, alors je préfère proposer à Laurent d’aller directement au bord de l’eau afin d’être sûr de pouvoir pêcher sur le secteur que j’ai choisi, avant qu’un autre pêcheur ne s’y installe.

Au menu du jour, ce sera une pêche en nymphe. Nous nous plaçons sur le bord de la rivière et aussitôt Laurent remarque ce petit creux en rive opposée qui pourrait bien abrité un poisson. Mais pas question de lui faire pêcher ce coup d’emblée. D’une, sans avoir appris à lancer c’est juste impossible d’y faire passer la nymphe correctement. Et de deux, y’a au moins une petite dizaine d’endroits où il faut faire passer la ligne avant d’aller chercher le poisson d’en face.

Nous commençons alors à voir ensemble comment on pourrait bien utiliser ce morceau de carbone qui nous sert de canne à pêche. Méthodiquement, étape après étape, j’amène Laurent à travailler tous les petits gestes qui vont lui permettre au final de réaliser des dérives suffisamment propres. Tant qu’il n’est pas prêt, ce n’est pas la peine de faire un seul pas vers l’amont. Nous y passons une petite heure, en restant sur place. Le temps de l’apprentissage du lancer est fondamental pour progresser plus vite ensuite. Laurent est déjà pêcheur et il enregistre vite toutes les étapes, mais c’est la multitude de petits gestes à maîtriser qui nécessitent du temps lorsqu’on n’a jamais utilisé ce type de matériel (une canne à mouche avec un moulinet muni d’une soie et d’un bas de ligne à nœuds de presque 5 mètres avec une nymphe en tête et une autre en potence).

A un moment donné, la gestuelle devient assez fluide et je sens que Laurent est prêt. On commence alors à «peigner» méticuleusement les coups que nous avons devant nous. On modifie les poids de nymphe pour trouver celle qui passe le mieux. Et in situ on continue à améliorer la gestuelle. Nous n’avons pas de touche, alors Laurent attaque la fameuse berge opposée. Il y fait un ou deux passages sans résultat. Puis, au 3ème passage, il pose sa nymphe avec une grande précision, tout près de la bordure, avec un accompagnement de la dérive tout simplement parfait. Touche, ferrage, et poisson! C’est une truite arc en ciel égarée qui avait pris possession des lieux, pas vraiment le poisson recherché mais le coup de ligne était si propre qu’il était parfaitement mérité ce poisson! Sans l’ombre d’un doute, une truite fario aurait été leurrée de la même manière.

Lorsqu’on pêche à la mouche, on réalise parfois des coups de ligne qui nous apportent une grande satisfaction. C’en était un de ceux-là. Et lorsque c’est un pêcheur que j’initie qui le réalise, la satisfaction est tout aussi grande pour moi. Et après seulement une heure et demi d’apprentissage, Laurent m’a bluffé là-dessus! Ça m’a rappelé ce coup de ligne de Thomas à genoux dans la rivière, à l’arbalète en sèche pour clôturer une journée de pêche mémorable (le récit en question).

Ce premier poisson mettait Laurent en confiance. Bien-sûr, ce n’est pas parce qu’on fait un beau coup de ligne que la partie est gagnée d’avance. L’objectif est de réaliser un maximum de dérives propres et précises pour pouvoir prendre des poissons régulièrement.

Ainsi, il nous faudra insister encore et encore pour améliorer sans cesse la gestuelle, et de temps en temps ça paiera…

Parfois il me faut montrer un geste en pêchant vraiment le poste, et c’est souvent une demande des pêcheurs. Via l’observation on peut mieux appréhender l’ensemble de l’action de pêche. J’ai tellement appris en regardant pêcher moi-même d’autres pêcheurs qui avaient plus d’expérience. Et quand ça fonctionne et que c’est gratifié par un poisson, ça aide à valider la théorie…

Ce n’est pas une raison pour pêcher longuement, mais avec parcimonie seulement. Et Laurent comprend vite, nul besoin de lui montrer longtemps… 🙂

Se trouver les pieds dans l’eau en plein milieu de la rivière, ça peut paraître stupide. Mais Laurent a déjà méticuleusement pêché la zone sur laquelle il marche, et je le mets ainsi en position favorable pour attaquer un poste en rive opposée. Les déplacements dans la rivière suivent une logique de prospection qui a une grande importance dans la réussite!

Sur un joli poste, nous ne parvenons pas a déclencher une touche. Comme je connais bien le secteur, je sais que sur un tel poste il faut nécessairement qu’il y ait un poisson. Et c’est impensable de laisser tomber trop facilement. On venait d’y faire une bonne quinzaine de passages avec des changements de nymphes. Laurent insiste pour que je m’y colle. En tenant moi-même la canne je vois bien que la nymphe passe encore trop vite. Je change à nouveau pour un poids à peine supérieur, et au premier passage je prends un poisson. Et on en fera un second un mètre en amont du premier! Y’avait là 2 poissons qui regardaient passer nos nymphes sans s’y intéresser. Ils ne comptaient pas faire le moindre effort pour se saisir de nos nymphes précédentes dans cette eau froide de début de printemps.

De l’eau jusqu’au dessus des genoux, un bon niveau d’eau pour ce secteur.

Les truites ne sont pas toujours bien grosses, mais l’essentiel pour une initiation c’est que la qualité de l’action de pêche puisse être récompensée.

Nous terminerons ainsi cette initiation avec 7 ou 8 poissons et quelques-uns décrochés, un résultat tout à fait satisfaisant pour une première expérience.

Sans l’ombre d’un doute, Laurent a attrapé un nouveau virus de pêcheur!

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